février 11, 2020

Le Parlement a adopté définitivement le jeudi 30 Janvier, par un ultime vote du Sénat, le projet de loi antigaspillage dont la mesure phare, la consigne pour les bouteilles en plastique, a été repoussée jusqu'en 2023 pour répondre aux inquiétudes des collectivités. Le texte, qui a fait l'objet d'un accord voté à l'unanimité entre députés et sénateurs, avait déjà été approuvé par l'Assemblée nationale la semaine dernière. 

Présenté comme un marqueur environnemental de l'acte II du quinquennat, il prévoit une série de mesures concrètes pour lutter contre le gaspillage: parmi elles, l'interdiction, pour les grandes surfaces ou les plateformes en ligne, de détruire leurs invendus non alimentaires notamment les produits d'hygiène et de textile, dès 2022.  

Contre l'obsolescence programmée, en particulier dans l'électronique, il crée un "indice de réparabilité" qui précisera si un produit est aisé à réparer et veut faciliter l'accès aux pièces détachées. Développement du "vrac" dans les supermarchés ou suppression des contenants en plastique dans les fast-food pour les repas sur place à l'horizon 2023: ce texte "va changer la vie des Français", s'est félicitée la secrétaire d'Etat Brune Poirson. Il crée aussi de nouvelles filières pollueur-payeur, notamment dans le bâtiment pour éviter les dépôts sauvages.  

La rapporteure Marta de Cidrac (LR) a salué "la véritable envergure" donnée par les deux chambres à un "projet de loi qui n'était peut-être pas à la hauteur des enjeux". Il comporte "tous les outils nécessaires pour revenir sur le modèle linéaire ‘produire, consommer, jeter’", a jugé pour sa part Frédéric Marchand (LREM).  

Le texte vise encore la fin des emballages en plastique à usage unique en 2040. Colette Mélot (Indépendants) a salué "une avancée", mais aurait préféré que ce soit "plus rapide". Cet objectif  est jugé "irréaliste" par les industriels, mais "trop tardif" par l'ONG WWF qui décrit le projet de loi comme une "occasion manquée de sortir de la société du tout jetable". 

Il "ne doit pas nous faire oublier l'urgence climatique, les niveaux de pollution de notre planète et la nécessaire évolution de notre mode de vie", a pour sa part souligné Eric Gold (RDSE à majorité radicale). 

 

Contre le gaspillage alimentaire, un "pacte" sur les dates de consommation

Lutter contre le gaspillage via une meilleure "gestion et compréhension des dates de consommation": c'est l'objectif d'un "pacte" signé mardi par 38 distributeurs, fédérations professionnelles, associations de consommateurs et industriels de l'agroalimentaire. Ces premiers signataires, qui espèrent être rejoints par l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, y prennent dix engagements "co-construits, concrets et mesurables"

Ces engagements reposent sur quatre idées: "éduquer et sensibiliser l'ensemble des publics", "clarifier la différence entre DLC (date limite de consommation) et DDM (date de durabilité minimale) auprès des consommateurs", "optimiser la valorisation des produits exclus des circuits de vente" et enfin "collaborer entre acteurs du secteur pour harmoniser les bonnes pratiques et optimiser les flux de distribution". 

Les signataires s'engagent par exemple à tester en magasins des rayons "antigaspi". 

Comme l’explique Lucie Basch, la fondatrice de l'application anti-gaspillage "Too Good To Go" à l'origine de l'initiative : "On est assez positivement surpris par le nombre d'acteurs qui se sont ralliés: à présent, chacun doit bosser de son côté sur le sujet". Cette action consiste en "les fédérer, autour d'engagements concrets et ‘réplicables’", souligne la jeune femme, tout en se disant consciente qu'il est "très compliqué de se donner des objectifs chiffrés". 

Elle insiste également sur le fait que les engagements pris doivent être déployés "le plus vite possible", même si "les échelles de temps sont différentes" selon la taille de chacun.


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